Alors que la France vient d’accueillir la nouvelle des retraites successives d’Aurélie Dupont et de Sylvie Guillem, une autre danseuse étoile vient d’émerger outre-Atlantique.

Les défis de l’enfance

Misty Copeland est née à Kansas City dans l’Etat du Missouri (Etats-Unis), au sein d’une famille monoparentale aux revenus très modestes. La jeune métisse n’a pas eu la vocation étant petite. En réalité elle n’a commencé la danse qu’à 13 ans, un âge considéré comme tardif dans la profession. Mais les leçons ont porté leurs fruits, alors même que l’adolescente traversait des temps difficiles. Sa mère élevait seule ses six enfants et ne pouvait leur offrir meilleur cadre qu’un motel en Californie. Quand elle a choisi la danse classique, l’adolescente s’est heurtée à un mur. On lui disait que son physique ne lui permettrait pas de percer et qu’elle s’y était prise trop tard. Pourtant, deux ans après ses premiers pas – de danse – elle remportait son premier concours. Cet événement lui a donné le courage de continuer, dans l’espoir de devenir, un jour, danseuse étoile.

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La persévérance comme pierre angulaire

En dehors de sa rage de vaincre, Misty Copeland a toujours été une artiste tournée vers l’avenir. Une véritable boulimique de travail, qui a su se faire un nom à la sueur de son front. Elle a intégré l’American Ballet Theatre il y a 14 ans et elle a passé plus de la moitié de cette période à danser en solo.

Depuis, on a pu la voir sur scène, exécutant des chorégraphies aériennes pour le compte du chanteur Prince, à l’occasion de sa tournée "Welcome 2 America Tour" entre 2010 et 2012. Deux ans plus tard, en 2014, elle affichait ses ambitions tout en racontant son histoire dans une autobiographie, intitulée "Life in motion: an unlikely ballerina" (que l’on peut traduire par : "Une vie en mouvement : une ballerine invraisemblable"). Elle y exprimait notamment la pression qu’elle ressentait en tant que noire-Américaine dans le milieu du ballet, et notamment son angoisse de "trahir" sa communauté si elle ne parvenait jamais au rang d’étoile.

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Une réussite à l’effet papillon

Peu avant sa nomination historique, la belle danseuse a été la première noire-Américaine à danser "le Lac des Cygnes", à la Metropolitan Opera House de New York. Un événement qui sonnait comme le début d’une nouvelle carrière.

A 32 ans, la jeune femme vient d’accéder au Graal ultime pour une ballerine, un mois à peine après avoir été nommée dans le Time 100 des personnalités les plus influentes de l’année. C’est même elle qui est en couverture du fameux numéro d’avril-mai 2015.

Avec ses 690 000 abonnés sur Instagram, Misty jouit d’une influence considérable vis-à-vis des jeunes filles qui, comme elle, rêvent d’enfiler les pointes. Elle met ce rayonnement au profit des valeurs du sport et du travail, qu’elle partage à travers ses clichés d’entraînement. Elle publie également des photos mettant en scène des ballerines, y compris elle-même, dans des positions gracieuses, notamment sur scène. Insuffler de la diversité dans ce milieu où les blancs sont surreprésentés, voilà l’objectif de la danseuse qui espère être un exemple pour les plus jeunes.

Après une carrière qui en ferait rêver plus d’une, Misty Copeland vient donc d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’American Ballet Theatre de New York. En 78 ans d’existence, la compagnie n’avait jamais promu une danseuse noire (ou métisse) au rang d’étoile, avant qu’elle ne change la donne.


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